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CONTRIBUTION: La CMU, ce monstre adorable (Biram Ndéck Ndiaye)
Cependant, force est de souligner
qu’elle est d’application complexe avec un panorama à fixer, des labyrinthes à
explorer. Voilà ce qui nous pousse à l’assimiler à un monstre adorable.
Adorable en ce qu’elle vient en aide à une catégorie défavorisée de la
population, à revenus faibles, irréguliers, voire sans revenus dans bien
des cas. Dès lors, elle aide à corriger les disparités et à instaurer la
solidarité. La CMU, comme son nom l’indique, ne concerne que la maladie. Elle
n’est donc qu’un volet de la protection sociale. Les autres risques comme le
décès et la retraite ne sont pas concernés mais, quoique de dimension plus
réduite, la CMU reste tout de même un monstre à plusieurs têtes eu égard à la
pluralité et à la diversité des catégories socioprofessionnelles à prendre en
compte, à la complexité du mécanisme, allant de l’identification/éligibilité
aux prestations en passant par l’adhésion, la souscription, le financement, le
recouvrement, le système d’information et la contractualisation entre les
différents partenaires : assurés bénéficiaires, prestataires comme pharmaciens,
postes de santé, centres de santé et hôpitaux publics. Même colossale, elle
reste du domaine de l’humain et la dimension de l’œuvre ne devant pas faire
obstacle à sa réalisation, une prise de conscience de sa juste mesure permet d’entrevoir
l’angle d’attaque, la mise en œuvre et le dénouement.
L’accès
à la protection sociale, un droit de l’être humain.
Reconnu aussi bien au plan international que par notre Charte fondamentale, il ne
doit pas être un vain mot. En effet, comme source de droit, l’on peut invoquer la Déclaration
Universelle des droits de l’Homme de 1948, notamment en ses
articles 22 et 25 qui consacrent le principe de la Sécurité Sociale.
Selon
l’article 22, toute personne, en tant
que membre de la société, a droit à
la sécurité sociale… grâce à l’effort national et à la coopération
internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.
L’article 25 dispose que «toute personne a droit à un niveau de vie suffisant
pour assurer sa santé, son bien-être mais aussi ceux de sa famille, notamment
pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que
pour les services sociaux nécessaires. Elle a droit à la sécurité en cas de
chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres
cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances
indépendantes de sa volonté. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et
à une assistance spéciale. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage
ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale ». Comme on l’a
constaté, chacun a droit donc à une certaine sécurité pour faire face aux
risques de chômage, de maladie, d’invalidité et de décès. Avec la protection
sociale qui a un caractère universel dans un pays comme la France, toute la
population est concernée ainsi que tous les volets: les biens portants cotisent
pour les malades, les célibataires pour les mariés, les actifs pour les
retraités La plupart de ces dispositions sont reconnues par la Constitution
sénégalaise, notamment l’article 8 qui fait garantir, par la République du
Sénégal, les droits économiques et sociaux dont le droit à la santé mais le
régime obligatoire de sécurité sociale, qui ne concerne que les travailleurs
salariés, englobe tous les autres risques à l’exclusion de la maladie et du
chômage. Aucune disposition de la loi n’est relative aux allocations ou à
l’assurance chômage contrairement aux contrats de prêt bancaire dont une clause
oblige l’emprunteur à souscrire une
assurance perte d’emploi auprès d’un assureur privé en sus de l’assurance décès
et invalidité définitive. Quant aux travailleurs indépendants, ils ne
bénéficient d’aucune couverture sauf à y souscrire volontairement et
individuellement (ou en groupe comme certains ordres). Dès lors, on constate
que c’est le Code du travail (loi de 1975) qui garantit le risque maladie à
travers les IPM là ou le Code de la sécurité sociale (loi de 1973) est muet.
Une fenêtre est ouverte par la Caisse de Sécurité Sociale aux travailleurs
indépendants qui peuvent s’adhérer volontairement au risque Accidents du
travail.
Rôles
et responsabilité partagés. L’Etat garantit le droit aux soins
de santé mais il partage les rôles et les responsabilités avec les collectivités
locales, les divers employeurs, les organisations de la société civile et autres
associations, les prestataires, sans oublier les individus eux-mêmes.
Selon
un constat rappelé à l’issue d’un atelier de la Cellule d’Appui à la Couverture
Maladie Universelle (CACMU) tenu du 02 au 05 octobre 2012, « le système de
santé est fractionné: l’Etat pour les salariés de la Fonction Publique et les
subventions aux groupes vulnérables, la Caisse de Sécurité Sociale et l’Institution
de Prévoyance Retraite (IPRES), les assurances commerciales (privée), les mutuelles
de santé pour les populations qui n’ont pas de couverture maladie, les Institutions
de Prévoyance Maladie (IPM) pour les travailleurs du secteur privé et les
ménages à travers le paiement direct ». Concernant la structure de
l’assurance Maladie, dans sa rubrique dépenses, sur un total de 20, 443
milliards de francs CFA (compte non tenu de la CSS et de l’IPRES): 8,
414 milliards de F CFA sont attribués aux IPM, représentant 41 % des dépenses et 24% du nombre d’assurés, 5,
369 milliards de dépenses de santé par les assureurs privés, soit 26% des
dépenses et 8% du nombre d’assurés, 4, 796 milliards pour les salariés de la
Fonction Publique, soit 24% des dépenses et 40% du nombre d’assurés,1,325
milliards pour les mutuelles de santé soit 6%
des dépenses et 27% du nombre d’assurés,539 millions de paiements
directs des entreprises, correspondant à 3% des dépenses et 1% du nombre
d’assurés (adhérents et bénéficiaires). La Caisse de Sécurité sociale gère les
branches Prestations familiales, Maternité, Accidents du Travail, Maladies
professionnelles alors que l’IPRES gère la branche Retraite. De grandes
avancées sont enregistrées au Sénégal, en matière d’initiatives de gratuité,
concernant notamment l’accouchement par césarienne, la subvention de la prise
en charge du diabète et du cancer, la subvention de la dialyse, la prise en
charge de la tuberculose et du VIH, la gratuité des soins pour les enfants de
moins de cinq (05) ans, le Plan Sésame et le Programme Elargi de Vaccination,
le Programme National de Bourses de Sécurité Familiale (PNBF) qui concerne
250 000 familles à raison de 100 000 F CFA par famille et par an,
promotion et protection des droits des personnes handicapées avec la loi
d’orientation sociale de 2010 à travers la carte d’égalité des chances.
De
plus en plus les Etats africains s’orientent vers la gratuité des soins ou
ciblent une catégorie de malades ou un type de maladie. De manière concomitante,
comme c’est le cas au Sénégal, certains pays mettent en place un dispositif
d’assurance maladie. Celui-ci peut être géré par l’Etat et/ou par des privés. Il
reste entendu que la cible est la population à revenus modestes mais a-t-on
vraiment maîtrisé tous les enjeux et les modalités d’application y
afférents ? Nous n’en sommes plus à l’Etat providence mais l’Etat doit
afficher une réelle volonté politique de bonne répartition des richesses du
pays, avec comme outils une réglementation appropriée, un financement adéquat et
pérenne par lui-même ou d’autres bailleurs, des prestations ininterrompues et un
appui technique.
La
CMU, un volet de la Protection sociale. A défaut d’une
protection sociale de caractère universel comme c’est le cas en France par
exemple, comprenant la maladie, l’invalidité, la maternité, les allocations
familiales et de chômage, la vieillesse et le décès, nos faibles ressources
nous limitent à la CMU, ce qui est déjà un grand pas que le Sénégal s’apprête à
franchir. Faut-il rappeler que, selon le Document de Stratégie de Réduction de
la Pauvreté (DSRP), le taux de
couverture sociale de la population n’est que de 20% de la population active alors
que, selon les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il devait
atteindre 50% à l’horizon 2015 ? Un nouvel objectif fixé face au constat
un peu désolant : faire passer la couverture maladie de 20% à 65,5 % en
2017 en s’appuyant sur les mutuelles de santé à base communautaire pour
atteindre le secteur informel et le monde rural. Que faire pour que les
déclarations soient suivies d’effet ? A-t-on évalué les différentes offres
de couverture pour en tirer des avantages comparatifs ? Quels sont les
atouts de chaque système, ses faiblesses ? Certes, l’important est de
commencer, quitte à augmenter la vitesse (cadence) de réalisation au fur et à
mesure de la mise en œuvre. Il s’agit aussi de mettre à contribution toutes les
opportunités du marché qui proposent une couverture, ce que permet une évaluation
de l’état des lieux : les IPM avec leurs faiblesses à corriger, les
mutuelles de santé avec le nouvel élan que veulent leur donner les pouvoirs
publics mais avec les limites dans le recouvrement et la capacité technique de
gestion. La troisième catégorie, à savoir les assureurs privés dont l’assurance
maladie est le métier, ont pendant longtemps géré le risque maladie, mais avec
une politique de souscription sélective et trop rigoureuse pour éviter les
pertes d’une catégorie déficitaire et les fraudes inhérentes à cette branche de
leur portefeuille qui a besoin d’équilibre. Pour s’adapter à la clientèle à
faibles revenus et participer à l’effort de développement, ils ont corrigé leur
démarche. Désormais, à travers la micro assurance santé plus compétitive que la
branche traditionnelle jugée plus chère avec cependant des prestations et un
plateau technique de meilleure qualité, les assureurs ont trouvé une parade
pour répondre à l’appel de l’Etat pour faire face au besoin de couverture de
nos populations vulnérables, le secteur informel et agricole. L’assurance
maladie traditionnelle reste réservée aux entreprises, autres groupes et
personnes physiques dont les moyens financiers leur permettent d’y accéder. A
travers leur logistique, leur présence dans toutes les régions du pays et leur
maîtrise des techniques de l’assurance maladie dont ils ont fait un métier, les
assureurs privés, en particulier ceux pratiquant la micro assurance santé à
travers le Pool Micro Assurance Santé du Sénégal (PMAS) qui regroupe six (06)
compagnies d’assurances, peuvent fournir un appui technique aux mutuelles de
santé selon des modalités à déterminer d’accord parties. Pour une plus grande
efficacité de sa politique, l’Etat qui, depuis l’indépendance peine à afficher
le plein de couverture sociale, devrait mettre à contribution toutes les niches
possibles mais en assumant les tâches de surveillance et de régulation pour
éviter des déconvenues aux assurés et bénéficiaires de prestations, en tenant
compte de la notion de soins privés sociaux. Dans un système libéral, la
sélection se fera naturellement et chacun jouera le rôle pour lequel il est
créé. Il faut du tout pour faire un monde.
La CMU, une révolution sociale
indispensable. La CMU est une belle trouvaille dans
un monde de globalisation, une politique sociale à encourager et soutenirLa CMU
est une aubaine pour le Sénégal mais reste un vœu à réaliser car, pour
devenir universelle, elle doit couvrir tous ceux qui en ont besoin et sur tout
le territoire. C’est du domaine du possible avec comme préliminaires ce qui a
été fait dans le cadre de la CACMU, du DECAM, la CAFSP et d’autres actions. Le
Ministère de la Santé et de l’Action Sociale ainsi que l’Agence pour la CMU (MSAS
ET ACMU) sont en train d’abattre un important travail de terrain avec des
visites de sensibilisation et d’installations de mutuelles de santé. La
jonction avec les autres offres de services aussi bien publiques que privées
permettra sûrement de boucler la boucle. Comment tendre vers l’universel et, en
même temps, exclure certains qui sont capables de répondre à la forte demande
de couverture? Il serait regrettable de confondre priorité et exclusivité.
Priorité aux mutuelles de santé mais aussi incitation des autres postulants à
prendre leur part de marché, ce qui relève de la responsabilité d’un Etat
libéral garant de la libre émulation entre ses différentes composantes
(Public/Privé et Privé/Privé). A y regarder de plus près, l’universalité de la
Couverture Maladie ne pourrait qu’être bénéfique à notre économie :
réduction du taux de morbidité/mortalité, d’absentéisme au lieu du travail et
d’études, création d’emplois. Aussi, pour l’extension de la protection sociale,
le passage par les mutuelles de santé offre-t-il un cadre idéal mais insuffisant
pour combler le vide au plan national. La place du secteur privé social dans la
distribution est indéniable mais l’assiette sera moins restrictive avec
l’accompagnement par les assureurs privés à travers la micro assurance santé et
l’assurance santé complémentaire classique, individuelle ou de groupe, pour
ceux qui ont la possibilité de bénéficier d’un plateau technique plus relevé et
d’une évacuation sanitaire en Europe en cas de nécessité.
Le
terme Assurance Santé, plus extensif qu’Assurance Maladie et de plus en plus
utilisé par les assureurs privés, semble approprié parce que comprenant, outre
la maladie, la maternité (accouchement) et les accidents corporels qui
entraînent une invalidité partielle ou totale, temporaire ou définitive. Le
système tissé autour de la micro finance offre également une possibilité
d’étendre la masse assurable en offrant un mode de distribution supplémentaire.
A la suite du défi de l’extension qui passe par la diversité des offres, se
pose un autre défi.
Le
défi du financement de la couverture maladie. En matière
sociale, nous ne pouvons pas nous contenter
de nous inspirer des exemples brésilien, rwandais et ghanéen. La France
et les pays scandinaves sont en avance mais le génie sénégalais mous autorise à
faire preuve d’imagination en partant de nos spécificités et réalités
socio-économiques. L’Etat, pour couvrir ses citoyens contre le risque maladie,
si élémentaire comme obligation, n’a pas besoin de l’autorisation de ceux-ci
tout comme il n’a pas besoin non plus de leur onction pour recouvrer des
impôts. A l’instar des assurances Responsabilité civile automobile et
importation de marchandises par voie maritime rendues obligatoires par une loi,
à l’image de la contrainte d’une souscription d’une assurance décès et
invalidité absolue et définitive à laquelle les banques soumettent les
demandeurs de prêts, l’Etat peut faire de ce volet de la protection sociale une
obligation. Pour faire entrer au Paradis certains de nos compatriotes de nature
dubitative, ne faudrait-il pas à les y pousser malgré eux? Ils comprendront
plus tard. En d’autres termes, il faut instituer, par une loi, l’obligation ou
quasi obligation d’assurance maladie en subventionnant en tout ou partie les
populations démunies (50% ou 100% de 7 000 F CFA, soit 3 500 ou 7 000
F CFA par an). C’est possible en diminuant le train de vie de l’Etat, en
surveillant les dépenses des établissements publics et autres sociétés
nationales, en ponctionnant un petit pourcentage (0,3%) ou un forfait des
avantages des hauts fonctionnaires, des représentants (élus) du peuple et des
salaires mensuels dépassant un certain seuil (1 500 F CFA en guise
d’effort de solidarité pour 500 000 F CFA de rémunération), en puisant dans
les fonds spéciaux, les fonds communs et en imposant les grosses fortunes, en
taxant les pollueurs et autres fabricants de produits nocifs à la santé. Quel travailleur
sénégalais ne voudrait pas contribuer à prendre en charge au moins un de ses
concitoyens démuni à raison de 7 000 F CFA par an ? La charge mensuelle ne
s’élève guère qu’à 500 F CFA, le prix d’un paquet de cigarettes ou d’une partie
de thé Un Fonds de solidarité ou de stabilité du système peut être créé pour
recevoir toutes formes de participation. La Sones, la Senelec et les sociétés
de téléphonie peuvent être mises à contribution pour la collecte des
cotisations.
Face
à une réforme de cette envergure, il faut l’implication de tous les acteurs du
système d’assurance maladie et les règles doivent être bien assimilées par chacun
des concernés. La gestion d’un tel système exige rigueur, vigilance face aux
tentatives de fraudes même si le ticket modérateur sert à moraliser le risque
en mettant une quote-part des dépenses à la charge de l’adhérent (20% à 30% généralement),
intransigeance et régularité dans le versement du financement (cotisations et
subventions par l’Etat), méticulosité dans le suivi du processus. Des
prestations non contributives sous forme d’allocations de solidarité ou
forfaitaires, comme le prévoit l’IPRES, doivent être envisagées de plus en plus
pour une meilleure redistribution des richesses du pays. Un fund rising (levée
de fonds) peut être organisé pour permettre une plus large participation d’ici
et d’ailleurs. Enfin, Il est indéniable pour tout observateur objectif, qu’il
existe non seulement une réelle volonté de l’Etat mais aussi une stratégie
nationale d’extension de la couverture du risque maladie à encourager par tout
citoyen soucieux du mieux-être de ses compatriotes. Permettre à chacun de se soigner
en cas de maladie ! La réussite d’un tel projet marquera la consécration
d’une étape de l’une des plus grandes révolutions/évolutions en matière sociale
et qui mérite l’attention de tous, voire un débat national. Pour faire moins
marketing et moins provocateur, mais plus évocateur, un autre titre de notre
contribution en tant que professionnel de l’assurance mutuelle était
possible : la CMU, une révolution sociale indispensable! Toutefois, en
matière d’avancées sociales, un vaste champ de bataille pour une guerre que
l’on souhaite sans fin, tout combat de gagné en appelle un autre. L’essentiel
est de commencer, toujours commencer et, un jour, laisser d’autres continuer la
mission. Ne sommes-nous pas tous des soldats du développement? Le développement
n’a-t-il pas comme préalable un peuple en bonne santé ?
Biram
Ndeck NDIAYE, auteur
Ancien Président de l’Association
Sénégalaise des Cadres d’Assurances (ASCA)
Ancien Secrétaire Général de
l’Association des Mutuelles Africaines d’Assurances-Maroc (AMAA)
TweetENVIRONNEMENT - CONSEQUENCES CHANGEMENTS CLIMATIQUES: Les populations de « Pilote Barre » demandent à être recasés dans une zone viabilisée Saint- Louis.
Les populations du village de « Pilote Barre », une localité du Gandiolais située à une quinzaine de kilomètres de la capitale du Nord et à quelques encablures de la Langue de Barbarie, sont actuellement dans le désarroi. Depuis plusieurs mois, elles n’arrivent plus à dormir. Elles sont obligées de veiller toute la nuit en vue de surveiller scrupuleusement le mouvement de la déferlante des vagues qui, du fait des conséquences désastreuses de l’érosion côtière et maritime, ont déjà détruit tout sur leur passage, faisant ainsi disparaître le village de Doune Baba Dièye, des campements touristiques, le village de Keur Bernard et autres habitations sommaires qui n’ont pas résisté à la furie des eaux. La situation est devenue alarmante avec l’élargissement de la brèche qui est passée de 4 mètres de large en 2003 à 5,2 kilomètres en janvier 2015.
A l’occasion d’une visite de l’équipe d’enseignants
chercheurs mobilisés par l’université Gaston Berger, la Saed, l’Institut des
Sciences de la Terre (Ist), dans le cadre des journées scientifiques de la
télédétection, les populations de Pilote Barre ont manifesté bruyamment leur
colère, attirant l’attention de ces experts sur l’urgence et la nécessité de
les déplacer et de les recaser dans une zone viabilisée et très éloignée des
ces vagues menaçantes. Selon un jeune fonctionnaire de l’Etat domicilié dans
cette partie du Gandiolais, A. F. Diagne, ces vagues viennent de cette brèche
qui a été ouverte et aménagée dans l’embouchure du fleuve Sénégal depuis 2003
par l’Etat avec l’appui de ses partenaires marocains pour protéger toute la ville
de Saint-Louis contre les inondations dues aux eaux de pluies et à la forte crue
du fleuve. Cette brèche, qui était de 4 m de large au départ a pu atteindre en
l’espace de 12 ans une largeur de 5 kilomètres, inquiétant toutes les populations
des villages de la commune de Ndiébène Gandiole, les autorités administratives,
coutumières et religieuses et autres partenaires. Jadis riche et prospère comme
Doune Baba Dièye, ce village de Pilote Barre, à en croire A. F. Diagne, s'est actuellement
métamorphosé avec l'avènement de la brèche. Réalisé en octobre 2003 pour parer
à toute éventualité d'inondation de la ville amphibie et tricentenaire de
Saint-Louis, du fait des fortes crues du fleuve Sénégal, ce canal de délestage
a été ouvert sur la Langue de Barbarie, à 5 km au Sud de l’ancienne capitale de
l’Afrique Occidentale française (Aof), en face de Doune Baba Dièye. Depuis,
Pilote Barre est sous influence directe des courants océaniques et a subi les
modifications néfastes remarquables. L'écosystème de ce milieu, qui était fortement marqué par la sécheresse des années 80 avec une
végétation fortement dégradée, surtout de son tapis herbacé et de sa population
de mangrove, est en train de subir une forte perturbation du fait des
phénomènes de changement climatique avec la montée des eaux de mer. Abondant
dans le même sens, Amy Diagne, transformatrice de produits halieutiques, B.
Sène, vendeuse de crevettes, huîtres, carpes et tilapias (espèces de poisson
d’eau douce), et trois autres braves femmes domiciliées à Pilote Barre, ont
laissé entendre que si rien n’est fait pour les sauver dans les plus brefs
délais, les habitants de ce village connaîtront le même sort que ceux de Doune Baba
Dièye. Nos interlocutrices se rappellent avec amertume les moments douloureux
passés avec leurs parents de l’île de Doune Baba Dièye qui ont été obligés
d’aller se réfugier aux villages de Dièle-Mbam, de Mbambara, Keur Barka et
Bountou Ndour. Pilote Barre, ont-elles précisé, est un village similaire à
Doune Baba Dièye sur tous les plans et à tous les niveaux et date de plus de
400 ans.
C’est une localité qui se remarque par la présence d'une
biodiversité qui abrite une flore sahélienne en régénération et une faune très
diversifiée (lapins, varans du Nil, tortues sulcate, tortues marines vertes
migratrices, singes rouges, oiseaux etc.).
Les populations de Pilote Barre, ont-elles ajouté, ont
toujours survécu grâce à l'élevage, aux activités maraîchères et à la pêche. «
Avec nos parents d’autres villages du Gandiolais, nous avons consacré toute notre
vie à l'agriculture et à l'élevage, à mener d’autres activités génératrices de
revenus qui se pratiquaient sur une bande de terre de 34 kms appelée
"Langue de Barbarie", qui relie l'hydrobase de Saint-Louis à l'embouchure
du fleuve Sénégal », ont-elles dit.
Mbagnick Diagne
TweetMbagnick Diagne
CONTRIBUTION: Sénégalais, quelle mouche nous a donc piqués? (Birem Ndéck Ndiaye)
On
a beau regarder, scruter, il devient difficile de comprendre certains de nos
compatriotes. Les qualités finissent par être requalifiées en défauts. L’on
vous reproche la ponctualité, le sérieux, la fidélité, la loyauté pour vous
suggérer de ne considérer que l’intérêt matériel et personnel. L’on trouve plus
facilement une tribune pour dire du mal de quelqu’un que pour présenter un
modèle, une référence. Untel usurpe une fonction ou une image avec autant
d’habileté qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession. L’on devient bête
et méchant sans trop savoir pourquoi. L’on trouve un malin plaisir à dénigrer
tout guide, spirituel ou temporel, serait-il exempt de tout reproche. On
souhaite l’échec aux autres, le cœur aveugle et insensible. L’on repousse la
main du noyé qui cherche à s’accrocher désespérément à un sauveur. Pour daigner
aider son prochain, on attend qu’il soit au bord du précipice et qu’il crie
fort : au secours ! A-t-on pleine conscience des conséquences de tels
actes ?
Devenue
rares parce que presque abandonnées et esseulées, générosité et solidarité ont pris
le chemin de l’exode. Le mal semble prendre l’avantage sur le bien. Est-ce une
mode ou la manifestation extrême de l’absurdité? Sénégalais, quelle mouche nous
a donc piqués?
Le monde à l’envers
Quand
les enfants désobéissent à leurs parents, quand les élèves agressent leurs
maîtres, quand les cadets s’attaquent aux aînés, quand les femmes n’écoutent
plus leur époux, quand les employés saccagent leur outil de travail, quand des
garnements apostrophent leur guide. Et ce n’est pas tout : quand la trahison
est préférée à la fidélité, quand les méchants se dissimilent sous la peau des
sages, quand le seul habit suffit à faire le moine, quand on s’acharne contre
son bienfaiteur…Nous vous laissons deviner la suite. Mais qui
trompe-t-on ? A malin, malin et demi. Pourtant, ils disent tous ne pas
souhaiter le chaos, même s’ils font tout pour. Comment continuer à jouer à se
faire peur, préparer le trou qui nous servira de tombe, scier la branche sur
laquelle on est assis sans le savoir ? Ignorance ne saurait être plus
grande et plus inquiétante.
C’est
le monde à l’envers. Des minorités provoquent la majorité, les voleurs crient
au voleur et ce, après d’autres qui n’ont commis de crime que d’avoir voulu
gérer avec plus de rigueur. Le pire, c’est quand le syndicalisme de mauvais
aloi, l’argent-roi et la meurtrière ambition politique font jonction, se
rejoignant dans un axe du mal. Alors, au diable les bonnes performances en
matière de gestion! Seuls l’ambition et l’intérêt personnels servent
d’objectifs. Le bilan, on verra après. A quoi cela sert-il de changer les hommes
si le système demeure ? Aider un dirigeant, c’est réussir la mission qu’il
vous confie pour lui permettre de présenter un bilan reluisant. Qu’il s’agisse
d’établissement public ou d’entreprise privée, c’est par les performances dans
la gestion que l’on doit être jugé. La véritable rupture, apte à produire
l’émergence économique souhaitée, commence par l’émergence des mentalités. Pour
cela, il ne faudrait pas négliger la piste de l’émergence politique. Malheureusement,
nos mentalités ne se sont pas encore émancipées du « lambi golo, ku jóg
daanu». En effet, comme dans une course de médiocres, au lieu de chercher à
être le premier à franchir la ligne d’arrivée, l’on excelle plutôt dans l’art
du croc-en-jambe pour empêcher les meilleurs d’être en tête de peloton. C’est
dire que dans cet océan, aucun poisson n’a le droit de sortir la tête de l’eau,
d’émerger.
Presque
tout devient banal : les insultes, l’inceste, la drogue, la prison. Idem
pour le viol, la pédophilie, l’infanticide, le parricide, le fratricide parfois
pour des peccadilles (une vache, un tee shirt, une pièce de monnaie) et les
détournements de deniers publics. Jetons un coup d’œil sur les deux extrémités
de cette chaîne humaine qu’est notre chère société: s’y trouvent nos enfants et
nos morts, autrement dit l’avenir et le passé. Les premiers squattent la rue,
obligés de quémander pour manger tandis
que les tombes des derniers sont profanées. Quelle mouche nous a donc
piqués ? Qui pour s’en émouvoir, si ce n’est du bout des lèvres ?
A-t-on encore une once de capacité d’indignation ? Nous sommes tous
interpelés mais pendant ce temps, que disent les artistes, les écrivains, les
universitaires, les politiques, nos représentants élus, la société civile et
«militaire»? Et si chacun pensait que se sont les autres (gaa ñi) qui sont
concernés, qui doivent mener le combat, mais pas soi-même ? Qu’il ne
faudrait intervenir qu’en dernier lieu pour récolter les fruits de l’engagement
d’autres, qualifiés de « fous » ou «audacieux» quand ils
entamaient le processus? Nous sommes de ceux qui pensent qu’une main ne se tend
pas uniquement pour recevoir, elle doit se tendre aussi pour donner.
Se ressaisir face au paroxysme
Se
ressaisir, c’est le maître-mot car, si on ne s’attaque pas à de paisibles
citoyens, on en commandite l’acte, tapis dans l’ombre. Et voilà que, ultime
paradoxe, certains individus qui n’ont aucune culture ou expertise avérée sont
choisis sur treize (13) millions de compatriotes pour analyser, disséquer
l’actualité, donc influencer leur auditoire, le public. Aucune enquête de
moralité, aucun CV validé et confirmé. Y a-il-il jamais eu un prix pour
épicuriens, amateurs de belle vie ? La fréquentation assidue d’endroits
huppés a un coût que seul le chantage pourrait aider à satisfaire. Et l’on est
tenté de s’y adonner pour maintenir ce standing. Et l’on peut se chercher un métier parallèle,
une occupation hebdomadaire comme couverture en y mettant les moyens que cela
exige. Ils sont juste briefés avant de monter sur le ring (pardon, le plateau).
Demandons-leur seulement leur cursus : aucun haut fait si ce n’est
s’attaquer à de paisibles citoyens, l’invective à la bouche. Comme un chien
méchant à qui son maître dit : « attaque ! ». Comment
quelqu’un qui n’a jamais été étudiant peut-il se permettre de contredire un
professeur agrégé sur un sujet relevant de la compétence de ce dernier ? C’est
le nouveau taalibe (élève) qui contredit le sëriñ (maître) dès le premier
cours. Ce chroniqueur d’un genre nouveau n’a pas jugé utile de s’adonner
d’abord à l’apprentissage de son filon (nouveau créneau). C’est faire preuve de
témérité mais manquer d’humilité. S’occuper de lingerie à l’université, qui
somme toute est une noble tâche, ne fait pas de nous des universitaires. C’est
comme quelqu’un qui, bien que n’ayant jamais été un sportif, se sentant honni
partout, convoquerait un virtuel apprentissage des arts martiaux par peur
d’être lynché à la moindre promenade en ville.
Certains
ne doivent leur triste réputation qu’à la virulence de leurs propos, ces
mercenaires des temps modernes, piratant des plateaux auxquels ils n’auraient
jamais dû accéder en temps normal. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils
ne doivent leur notoriété qu’au seul goût du tapage. Ils ne peuvent montrer du
doigt une seule réalisation à leur actif, qui soit utile à leur pays et à leurs
congénères. Ils vont jusqu’à usurper un niveau de diplôme qu’ils ne pensent pas
avoir, même dans leurs rêves les plus fous. Qu’ils citent un seul condisciple
de la classe de Terminale, voire du niveau DFEM? C’est à se demander s’il y a
eu un casting avec des termes de référence objectifs. A comparer leur
trajectoire à celle des gens auxquels ils s’attaquent, on se rend compte qu’il
n y a pas photo. Il ne faut pas donner des allumettes à un singe dans une forêt
dense. Ce serait faire preuve de complicité coupable, active et passive à la
fois, d’association de malfaiteurs fournissant les armes destinées à l’attaque
de personnes ciblées individuellement et /ou de toute une profession.
Nous
pensons que les sénégalais méritent mieux, qu’ils ont droit à plus de respect
de la part des media. Démultiplier le mal en le diffusant n’est pas une bonne
prouesse. C’est valable pour les images obscènes. La liberté a une limite: la
sauvegarde de l’ordre public et des bonnes mœurs, la protection de l’intérêt
général. Malheureusement, notre société est de plus en plus gagnée par une
mauvaise graine plus prompte à détruire qu’à construire. Des voleurs crient au
voleur après d’honorables concitoyens. Ils mentent et calomnient, avouant sans
gène : «damay sos rek» parfois sous le couvert d’autres, lâchement assis
dans les coulisses, leur fourbissant les armes du crime. Face à la justice, ils
nient et se renient. Ces bêtes sauvages, lâchées dans la nature, sont prêtes à tuer
au propre comme au figuré, si elles n’arrivent pas à vous inciter à tordre le
coup aux lois et règlements et leur donner leur part du « butin
national ». Si vous êtes un faiblard, c’est eux qui épluchent les oignons
et c’est vous qui pleurez, comme disait Coluche. N’est-il pas venu, le moment
de lister les fauves et de leur préparer une cage, de les mettre sous
anesthésie générale ou en hibernation ? Un jour, ils perdront leurs crocs,
leur venin et deviendront des ex. Mais point de loi du talion ! Si nous ne
pouvons changer les mauvais en bons, qu’ils ne nous changent pas en mauvais.
Ils auraient gagné le combat et nous ne leur offrirons pas ce plaisir.
Cependant, quand les mauvais n’hésitent pas à se liguer, pourquoi les bons ne
le feraient-ils pas ?
Autre
trait pernicieux de la société : l’absence de circonspection qui conduit à
la médisance. Méchanceté, quand tu nous tiens ! L’on se délecte du malheur
des uns. Affaire Lamine DIACK, victime d’un revers de fortune. Ce dernier
pourrait être le père de bon nombre d’entre nous. A-t-on pensé à ses enfants et
petits enfants ? Est-ce que tout ce qu’il a fait de bon sur plusieurs
années doit être balayé d’un revers de main ? En faisant référence aux
Assises Nationales et en comparaison avec sa participation, peut-on en déduire
que toutes les épouses devraient demander désormais à leur mari d’où provient
l’argent de la dépense ? Tous les employés devraient-ils demander à leurs
patrons d’où ils tirent le salaire qu’ils leur versent à la fin de chaque mois ?
Les parents devraient-ils regarder par deux fois l’argent que leur envoient leurs
enfants? Même les métiers de la culture ont contribué auxdites Assises en
versant une somme modeste. L’honorable Président Amadou Mahtar MBOW et les
participants avaient voulu que les Assises ne soient financées que par des
Sénégalais et qu’il
n
y ait aucun centime provenant d’ailleurs. Aussi, quand on est conscient de ses
actes, doit-on en assumer certes la responsabilité mais n’accablons pas
davantage notre compatriote et suivons d’abord l’issue des affaires FIFA.
A-t-on beaucoup entendu les Français enfoncer PLATINI ? Il est facile de
défaire des compatriotes et l’on s’y complait. Et si l’on s’exerçait à faire
d’autres que nous-mêmes, à construire des modèles, à soutenir ceux qui ont du potentiel
à revendre? Et si, tels des chasseurs de têtes (bien faites), et sans
distinction politique, ethnique, géographique, ou religieuse, on ciblait ceux
qui se sont distingués dans divers domaines ? On serait très agréablement
surpris de la qualité du résultat au bénéfice du peuple sénégalais. On a le devoir et le droit de nourrir un rêve
pour notre pays.
Se
ressaisir et résister, voilà l’antidote au venin du serpent qui, s’il rampait et
frappait à l’improviste auparavant, le fait maintenant à visage découvert, sous la
protection d’un lobby. Mais les Sénégalais ont de qui et quoi tenir. On nous
tue, on ne nous déshonore pas!
Savoir résister
Il
faut savoir préparer le terrain de la résistance morale autrement. On prépare certes
des plans, on fixe des objectifs et on croît savoir où on va mais on ne fait
jamais cas de la rampe de lancement, du socle d’où on part : la culture. Tel
un dernier bastion, elle doit être imprenable. N’est-ce pas ce qui nous reste
quand on a tout perdu ? Revisitons-la, prêts à nous y ancrer. Nous avons
l’impérieux devoir de protéger le legs de nos ancêtres (Mames Cheikh Oumar
Foutiyou, Maodo Malick, Cheikh Ahmadou Bamba, Baye NIASS, Limamou Laye, Bou
Kounta, Lat Dior, Alboury NDIAYE, Valdiodio NDIAYE, Cheikh Anta DIOP et tant
d’autres qui on su, chacun, résister au mal envahissant et faire don de soi).
Puisons nos dernières ressources dans ce qu’ils nous ont légué et nous serons
plus forts, plus résistants.
Pour
vivre en société, la tolérance doit certes être de mise, car si certains sont
des vicieux, d’autres sont probablement malades. Mais tout de même, s’il est de
bon ton de protéger les minorités, a fortiori la majorité. Les minorités
atteintes de déviance ou minées par une mode qui prête à équivoque ne doivent
pas provoquer la majorité. Ce serait le monde à l’envers. Récemment, dans la
ville de Kaolack, leur attitude de provocation en à créé une autre, faite de
défiance à l’égard de l’autorité policière. Elles doivent respecter les lieux
d’éducation, de culte, bref, tous les lieux publics si elles ne veulent ou ne
peuvent changer en mieux. Si tout le monde les rejoignait, l’humanité serait
éteinte il y a belle lurette et toutes ces personnes ne seraient donc pas nées,
question de bon sens.
Pour
nous préparer un chemin bien pavé, nos anciens, rois comme guides spirituels,
se sont battus contre la colonisation et toute forme de mal. Et nous,
alors ? Sommes-nous dignes de leur héritage? Nous nous battons contre quoi (le mal) et pour
quoi (l’honneur)? Mouille-t-on assez le maillot? Ne serait-ce que d’avoir
essayé et pour que leur sacrifice ne soit vain. La colonisation n’existe plus
sur le papier certes mais, vicieuse et de manière insidieuse, elle emprunte le
boulevard de l’économie et de la culture. C’est par la culture, au sens réarmement
moral et intellectuel, que viendra la meilleure réponse à cette invasion. Pour
être à l’avant-garde de cette résistance culturelle, il faut que les artistes
et les gens de lettres soient mieux cultivés. C’est la locomotive qui doit
porter les wagons et pas l’inverse.
S’adressant
à nos amis artistes, nous dirons qu’il ya tellement plus positif, pour un
homme, que des boucles d’oreille et un pantalon qui tombe. Il suffit juste de
se rappeler qu’il n y a guère longtemps, l’on jurait par le fameux « sama
geñoog baay». C’est dire quelle valeur on lui donnait. Les enfants nous
regardent, allant jusqu’à copier l’attitude des adultes mais, pour un élève, il
n y a pas pire malheur qu’un mauvais professeur. Après tout, s’il ne restait qu’une
cause à défendre, laquelle serait prioritaire si ce n’est celle de nos
enfants ? Notre attitude laissera deviner la voie que nous voulons qu’ils suivent.
Ne laissons pas tout entre les mains de l’Etat, aidons-le à nous aider. A
chacun sa responsabilité sur terre et Dieu lui demandera certainement quelle
était l’utilité de son passage ici-bas. Voilà pourquoi nous avons le devoir de
rêver et de contribuer éternellement à bâtir un Sénégal meilleur dans un monde
amélioré. Comme le disait si bien le penseur, je suis homme et rien de ce qui
est humain ne m’est étranger. C’est déjà justifier tout engagement au service
de l’être humain, bâti sur la générosité, la solidarité et le respect de nos
valeurs. Pourquoi ne pas se retrouver autour d’une Convention pour l’Ethique et
les Valeurs (CEV), comme la sève nourricière ?
Biram Ndeck NDIAYE, auteur
CONTRIBUTION: Savoir défendre la politique sociale du Président (Biram Ndéck Ndiaye)
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| Biram Ndéck Ndiaye |
Parlons social non sans rappeler, en préambule, qu’il y a deux façons de se tromper, comme disait l’autre : l’une est de croire ce qui n’est pas, l’autre de refuser de croire ce qui est. Chacun peut avoir son opinion, l’essentiel est de la défendre objectivement, quitte à se tromper de bonne foi. Cela dit, même si rien ne nous trompe autant que notre jugement selon Léonard de Vinci, cela ne va pas nous empêcher de partager le nôtre dans un domaine qui n’est pas celui de la politique dite politicienne : le social. Pour qui sait lire entre les lignes, la politique sociale du Président de la République consiste à repenser la solidarité si ce n’est la réinventer. En effet, on peut voir dans ses actes la volonté de repenser et reconstruire la solidarité, ce qui l’honore.
Avec le Président Macky SALL, l’Etat du Sénégal s’est donné pour mission de repenser la solidarité par une intervention à travers des politiques et mesures sociales, contre les risques financiers et économiques, mais aussi contre l’exclusion. Le prince ne doit pas craindre de n’avoir pas une population nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens selon un grand penseur asiatique. A notre avis, la politique sociale du Président de la République pourrait donc être résumée en trois mots : repenser la solidarité. Celle-ci est différente de l’entraide par le caractère non réciproque de l’action. En Afrique, au Sénégal en particulier, la solidarité était jadis au cœur de la vie. Face à l’urbanisation et à la modernité, elle avait commencé à céder du terrain pour laisser beaucoup plus de place à un individualisme exacerbé. A cause du galop effréné du libéralisme, on avait fini par ne plus parler d’égalité, de fraternité, de justice sociale. A chacun son slogan : communisme, socialisme ou libéralisme. Cependant, dans une Afrique démunie financièrement, on ne pouvait survivre que par la solidarité, l’assistance que nous nous devons tous en attendant de trouver une solution structurelle.
« Remue le destin, le destin remuera » a dit le penseur. Le Président a remué le destin de plusieurs individus, nos compatriotes, qui s’étaient résolus à la fatalité, subissant, stoïques, le poids du manque de revenus pour certains, de la maladie ou du handicap pour d’autres. La valeur d’une personne, dit-on, se mesure au bonheur qu’elle fait aux autres dans la vie et, c’est connu, qui donne au pauvre prête à Dieu. Le Président a donné aux pauvres.
Animé par le principe de justice sociale et d’équité, il a pensé opérer une redistribution plus équitable des richesses du pays. Ceux qui sont les oubliés du système politique dans plusieurs pays du monde sont, au Sénégal, pris en compte. Ce procédé a un nom : l’inclusion sociale. Comment rester de marbre et ne pas applaudir si tant est qu’en politique on cherche d’abord l’amélioration du vécu des citoyens ?
Avec le programme national de bourses de sécurité familiale, il a permis à des milliers de familles, soit plus d’un million de personnes, de bénéficier d’un minimum de revenus tous les trois mois. Ces personnes sont ensuite enrôlées dans les mutuelles de santé pour bénéficier d’une couverture contre le risque maladie. C’est peu, diront ceux qui ont la critique facile mais s’ils se mettaient à la place des bénéficiaires, ils apprécieraient l’adage selon lequel il vaut mieux très peu que rien du tout. A travers ce geste, l’Etat du Sénégal subordonne le soutien à ces familles à une douce, utile et agréable conditionnalité : envoyer leurs enfants à l’école. Il vient au secours de bénéficiaires de cartes d’égalité des chances, des handicapés enrôlés dans le cadre de la Couverture Maladie Universelle (CMU).
A travers la CMU, il a répondu à un principe universellement connu mais pas universellement appliqué : le droit à la santé, un droit fondamental. Il a encouragé la création de mutuelles de santé, au moins une par commune, renforçant un système communautaire de facilitation de l’accès aux soins qu’il met à la disposition des populations du secteur informel et du monde rural. La justesse de cette justice ne souffre d’aucune contestation car l’assurance maladie obligatoire ne concerne qu’une minorité d’africains. Au Sénégal, ce sont les fonctionnaires, les agents non fonctionnaires de l’Etat et les salariés du secteur privé. Une infime proportion de ceux qui en sont exclus est assurée par les compagnies d’assurances et les mutuelles de santé. Quid de tous les autres qui constituaient la majorité ? Le Président a pensé à eux et s’en occupe. En effet, jusqu’en 2012, seuls 20% de sénégalais bénéficiaient de la protection sociale lato sensu. La volonté du Président SALL d’inverser la tendance est en train de changer radicalement la situation. Il a renforcé l’assistance médicale à travers les initiatives de gratuité, ce qui permet la mise en œuvre de la prise en charge de pathologies (dialyse pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale) et de groupes de personnes (enfants de moins de 5 ans, femmes accouchant par césarienne, personnes âgées de 60 ans et plus).
L’on constate, dès lors, qu’il accorde une subvention totale à des couches importantes de la population et une subvention de la moitié de la cotisation à d’autres pour leur permettre de se soigner dans un poste de santé, un centre de santé ou à l’hôpital et de s’offrir des médicaments. Ce n’est pas rien.
Qui a opéré une baisse de l’impôt sur les salaires au Sénégal, augmentant ainsi les revenus et la capacité d’épargner? Sûrement pas un martien. Qui a augmenté les pensions de retraite et procédé à leur mensualisation ? Qui a pu réussir à maîtriser l’inflation quand on sait qu’il n’y guère longtemps elle prenait l’ascenseur au moment où les salaires montaient péniblement les escaliers ?
S’il est indéniable que le prix de l’électricité a baissé, il l’a été pour chacun d’entre nous. C’est encore lui, le Président, qui en a décidé. Qui a voulu et obtenu la baisse du loyer et du prix du carburant? Et le gaz domestique ?
En bon et fier paysan du Sine Saloum, il a, avec le PUDC, soulagé des zones rurales vulnérables dans les domaines de l’électricité, de l’hydraulique, de l’aménagement de pistes de désenclavement et de la distribution d’équipements aux fins d’alléger les femmes de la pénibilité des travaux.
Qui a pensé à la correction de factures sociales et de distorsions géographiques notoires, gros handicaps à notre marche vers Le développement ? Le Président, bien sûr. Il a osé réformer et, en un mandat, il y a de quoi être agréablement surpris par cette hardiesse et cette générosité dans le social.
Qui a accordé des bourses à des milliers d’étudiants supplémentaires, leur a fourni logements, restauration et soins de santé ? N’est-ce pas la preuve d’une bonne continuité du service public ?
Qui a voulu et obtenu la simplification des démarches et le raccourcissement des délais dans la création d’entreprises et d’activités rentables ? La liste des réalisations est loin d’être exhaustive.
L’on peut admettre que face à un projet, on puisse accepter, discuter ou refuser mais de telles réalisations ne peuvent que recueillir une adhésion, surtout des bienheureux bénéficiaires.
Même si certains pourraient être tentés de les qualifier de détails, « les détails font la perfection, et la perfection n’est pas un détail ». N’est-ce pas Confucius qui disait que « plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle » ? Vous en avez allumé une de grosse pour des milliers de personnes démunies et vulnérables, Monsieur le Président. C’est un grand pas d’accompli dans un contexte pas toujours favorable, mais pensons à W. Churchill qui disait : « un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ».Vouloir arriver, Monsieur le Président c’est avoir fait la moitié du chemin et vous avez franchi un grand pas dans le social. Nous vous encourageons. C’est celui qui a du lait qui peut faire la crème, dit le proverbe africain et vous avez pensé distribuer de cette crème aux plus démunis d’entre nous alors que vous auriez pu feindre de ne pas les voir. C’est du concret mais, hélas, « la vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder », n’est-ce pas Hugo ?
Méditons cette réflexion de Raymond Aron : « Le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable ». Cela aurait été détestable de ne penser qu’aux riches.
Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu as contre toi ceux qui veulent faire la même chose, ceux qui veulent faire le contraire et l’immense majorité de ceux qui ne veulent rien faire constate Confucius et nous avec lui. Mais Le suicide de l’âme, c’est de penser mal selon Hugo et nous pouvons ajouter que « tout semble jaune à celui qui a la jaunisse ».
C’est une erreur de croire nécessairement faux ce qu’on ne comprend pas, rappelait Gandhi mais face à l’incompréhension et au refus d’admettre l’évidence, « ne cherche pas à être remarqué, cherche plutôt à faire quelque chose de remarquable », avertissait Confucius. Cela semble plus positif que de suivre à la lettre Aristote qui ironisait ainsi : Il n’y a qu’une façon d’éviter les critiques : ne dis rien, ne fais rien, ne sois rien. Réfléchis longuement avant de te faire applaudir par tes ennemis. Comment ne pas être d’accord avec cette pensée de Victor Hugo ?
Aux nihilistes et autres extrémistes de méditer ce proverbe africain : si tu incendies et la brousse et la plaine où iras-tu habiter ?
Les lecteurs voudront bien excuser la pléthore de citations mais on peut appeler Pythagore à la rescousse pour le justifier : ne dis pas peu de choses en beaucoup de mots, mais dis beaucoup de choses en peu de mots.
Pour finir, empruntons ceci à Aristote : l’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit. Réfléchissons avant d’affirmer ou de douter.
Chaque sénégalais qui a des compétences dans un domaine précis doit se faire un devoir de se poser les bonnes questions, de les exposer aux autres pour une réponse collective. C’est cela la liberté et la responsabilité mais « qui n’est pas capable d’être pauvre, n’est pas capable d’être libre ».
En attendant, laissons parler les actes: pour déplacer une montagne, il faut commencer par casser de petites pierres. Au plan social, un grand pas est franchi, le chemin balisé même si l’on sait qu’en la matière un acquis en appelle toujours d’autres. L’engagement, ce n’est pas le fait de s’opposer à tout, c’est aussi encourager et soutenir les bonnes actions, d’où qu’elles viennent. Pour un croyant, le social c’est, en définitive, donner du yëmande et recevoir du tiyaabo en retour. Nous avons pu constater que beaucoup de nos compatriotes se sont sentis soulagés, cela compte dans une vie et est à encourager. Il n’est pas interdit de faire plus et mieux, même au plan individuel, si on en a la capacité et la générosité. Rien n’empêche celui qui conteste une bonne action de faire un geste à l’endroit de ses compatriotes. Ku mën te yeene ko, na def ! Nous avons le devoir d’aider Etat, quels que soient le régime et la personne qui sont à sa tête, à améliorer la situation sociale de nos compatriotes.
Biram Ndeck NDIAYE, auteur
Météo Saint-Louis,Sénégal Tweet
CONTRIBUTION: L’autosuffisance en riz : une option stratégique, une ambition légitime, un objectif réalisable
Le Président Macky Sall a annoncé sa volonté de voir le Sénégal atteindre l’autosuffisance en riz en 2017. Il en fait un des objectifs prioritaires du Plan Sénégal émergent.
Au regard de l’intérêt que cela représente pour la population sénégalaise, c’est assurément là un objectif/programme qui mérite un consensus national. Lequel transcende tous les clivages partisans, dans un élan de patriotisme économique.
En effet, rendre disponible et en quantité suffisante une céréale dont se nourrissent près de 95 % de la population sénégalaise, sans dépendre des aléas et des contraintes de l’importation, est une question de sécurité nationale. Il s’agit, entre autres, d’assurer les fondements de notre indépendance alimentaire et, par-delà, notre dignité nationale.
Il est plus que temps, après tant d’années d’indépendance, de changer de paradigme. L’équation stratégique en la matière, ce n’est pas d’assurer une simple péréquation/stabilisation des prix à force de subvention. C’est utile, mais c’est un cycle sans fin qui finit, comme cela a été constaté, par être insupportable sur le plan budgétaire. Ce n’est pas non plus de disperser les ressources dans une diversification tout azimut dans des spéculations agricoles qui, même si elles produisent en abondance, ne nous mettent pas à l’abri d’une crise alimentaire. Il avait là un choix lucide et éclairé à faire, sans se tromper d’objectif : rendre le Sénégal autosuffisant en riz.
C’est en cela que l’engagement résolu du Président Macky Sall dans le combat pour l’autosuffisance en riz est un acte de responsabilité et de haute portée stratégique.
Le retour à l’agriculture prôné par les vénérés khalifes généraux Serigne Sidy Makhtar Mbacké et Serigne Cheikh Ahmet Tidiane Sy Al Makhtoum, respectivement lors du Magal et du Maouloud derniers, trouve son meilleur théâtre de matérialisation dans la détermination à assurer aux sénégalais une autosuffisance en riz.
Il est de notoriété mondiale que la nourriture est actuellement un enjeu stratégique pour tous les pays de notre planète. Un célèbre futurologue n’avait-il pas déjà annoncé, il y a plusieurs années, que les prochaines guerres seraient celles de l’eau et de la nourriture ?
De grands universitaires et économistes, comme Sophie Bessis dans son best-seller « L’arme alimentaire » ou Sammy George dans son ouvrage intitulé « Comment meurt l’autre moitié du monde » (des titres suffisamment évocateurs), ont démontré, dans de brillantes thèses, que l’autosuffisance alimentaire, stratégique en soit, devrait être au cœur des options de développement de tous les pays qui ne voudraient pas se retrouver un jour réduits au rang de dépendance servile pour nourrir leur peuple.
A cet égard, chacun a pu constater, ces dernières années, les tensions sociales occasionnées dans plusieurs pays par le renchérissement du prix de la farine résultant de la raréfaction des disponibilités des stocks mondiaux de blé.
Il faut considérer avec beaucoup de réalisme qu’en cas de pénurie de riz (des intempéries en sont souvent la cause), les fournisseurs traditionnels du Sénégal vont préférer réserver leur production à leur consommation intérieure. Dès lors, on imagine aisément les risques potentiels pour notre pays, qui est le deuxième plus gros importateur de riz derrière le Nigéria. Nos importations de riz proviennent surtout de l’Inde, de la Thaïlande, mais aussi du Brésil, de l’Uruguay et de l’Argentine. Avec une consommation annuelle de plus de 700 000 tonnes, le Sénégal ne produit qu’environ 25 % de ses besoins. Heureusement, les Sénégalais, dans leur grande majorité, ont compris que le Président Macky Sall a véritablement assumé sa responsabilité de chef d’Etat, fixé le cap et décliné une ambition légitime en annonçant un objectif réalisable d’autosuffisance en riz à l’horizon 2017.
Au regard de ce qui précède, le questionnement principal qui intéresse la majorité des Sénégalais est de savoir comment relever ce défi et réaliser cette ambition. Un grand chalenge, mais qui n’est pas inaccessible au géni sénégalais, à la compétence des cadres et des vaillants producteurs qui ont fait leurs preuves, depuis de nombreuses années, dans la recherche et la production du riz local.
Cet objectif est possible. Il est réalisable. Les producteurs de riz, par la voix de leur président national, Monsieur Saliou Sarr, l’ont affirmé avec force lors du conseil présidentiel sur le riz tenu le 02 février 2015. Nous allons y arriver si nous voulons y arriver. Et c’est le lieu de donner une résonance exceptionnelle à la boutade du Président Macky Sall qui, lors dudit conseil présidentiel sur le riz, a lancé : « Nous pouvons quand même réussir ce que d’autres comme nous ont réussi ! »
Du reste, un peuple dont les leaders ne savent pas se fixer de grandes ambitions est un peuple condamné à péricliter. Dans l’histoire du monde, les desseins de grandeur ont toujours rencontré les critiques les plus acerbes. Les exemples ne manquent pas. Le Japon dans l’électronique, l’Inde dans l’industrialisation, l’Argentine dans la production agricole… Avoir une ambition, c’est vouloir et vouloir avec force. Et comme dit l’adage, vouloir, c’est pouvoir.
Bien entendu, il faudra venir à bout de beaucoup de difficultés. Mais le Sénégal va y arriver, car jamais, depuis notre indépendance, il n’y a eu une telle conjonction favorable.
* Un président de la République déterminé, à l’écoute de tous les acteurs impliqués et à la pointe du combat (le 2 février 2015, lors du conseil présidentiel sur le riz, après avoir écouté les producteurs de riz et les importateurs, il a décidé, séance tenante, d’alléger la facture de courant des producteurs de riz et de mettre en place un fonds de cinq milliards de FCfa pour soutenir la commercialisation du riz local).
* Un potentiel de compétences qui ne permet pas le doute. Dr papa Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture, est un des meilleurs spécialistes mondiaux du riz. Ses travaux et publications sont des références mondiales. Le directeur général de la Saed est un ingénieur agronome chevronné et pragmatique. Il a une volonté de réussite débordante et a fait toute sa carrière dans le domaine du riz.
* Des résultats de la recherche très probants avec, entre autres, l’introduction de la variété de riz « Nerica » rebaptisée « Macky Sall » par les Casamançais.
* Des organisations paysannes et de nombreux gros producteurs qui ont capitalisé une expérience incontestable. Des producteurs engagés et des distributeurs décidés à assumer le rôle attendus d’eux.
Nous pouvons produire en quantité et en qualité. En plus, et pour s’en convaincre définitivement, il faut s’inviter dans une visite de terrain et voir, par exemple, les exploitations de Monsieur Ibrahima Sall à Thiagar, à quelques km de Rosso Sénégal. A lui seul, il finance la production de riz dans plus de 7000 hectares et réalise des aménagements de qualité sur des milliers d’hectares. Avec ses deux usines de décorticage et de mise en sac du riz, avec le calibrage voulu, il est la preuve vivante que nous pouvons y arriver. Monsieur Sall génère ainsi de nombreux emplois et fait des émules comme Cheikh Diallo qui, à moins de deux km, a aussi installé une autre rizerie.
La problématique de l’autosuffisance en riz est certes complexe, mais partir de la complexité pour décréter l’impossibilité et inhiber les acteurs avec une culture d’impuissance est une approche manifestement contreproductive et indiscutablement négative. S’évertuer à affirmer que l’objectif d’autosuffisance en riz est irréalisable n’apporte rien aux Sénégalais qui veulent agir pour changer leur destin. Cependant, c’est connu, les véritables moteurs du monde ne sont pas ceux qui prédisent des échecs, mais ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être, telles qu’on souhaiterait qu’elles soient et qui s’investissent pour qu’il en soit ainsi.
Le grand manager et économiste Charles Handy disait : « Se plaindre de la complexité des choses ne sert à rien. Pour y faire face, il nous faut d’abord mettre de l’ordre dans nos têtes. Autrement, nous continuerons à nous sentir impuissant et à subir les évènements sans avoir de prise sur eux ».
Nous vivons ainsi, comme le soutient le futurologue Stan Davis, dans « un présent déjà transformé ». Nous devons donc prendre en charge les rennes de cette transformation pour y imprimer les changements et orientations que nous avons choisis. Et c’est en cela que le Président Macky Sall a raison de décliner une ambition pour son pays, car le train de l’histoire ne s’arrêtera pas et laissera à quai ceux qui ne savent pas où ils veulent aller.
L’autosuffisance en riz à l’horizon 2017 est possible et doit être un objectif pour tous. C’est une question qui transcende tous les clivages, qu’ils soient politiques ou autres. D’autres pays l’ont réalisée. La Gambie, le Mali, la Côte d’Ivoire veulent tous atteindre l’autosuffisance en riz avant 2018. Plus dépendant du riz que tous ces pays, nous devons être plus déterminés qu’eux.
Le défi est toutefois de taille, mais il est à notre porté si nous sommes suffisamment modestes pour accepter d’apprendre des autres et développer des attitudes nouvelles. Oui, c’est possible si nous sommes bien entreprenants et déterminés pour porter résolument toutes les valeurs de progrès et si nous sommes mus par la volonté de réussir.
Des dispositions pertinentes ont été prises lors du conseil présidentiel du 02 février 2015. Les responsables de tous les segments de la filière (production, transformation et commercialisation) se sont engagés, et ce, résolument. L'engagement non équivoque de tous à relever les défis de la compétitivité est un gage augurant d’un avenir prometteur.
Nous le savons tous, le chemin pour y parvenir devra être suffisamment et clairement balisé avec des actes concrets pour mettre en cohérence toute la chaine de valeur de la filière riz. Il s’agira notamment de la disponibilité des surfaces emblavées, de la qualité des aménagements, de la maitrise et de la disponibilité de l’eau, de la mécanisation à grande échelle, de l’accès aux crédits et de la disponibilité des intrants, de la modernisation du segment transformation et enfin, d’une organisation efficace et maitrisé de la commercialisation.
Dans ce domaine précis de la commercialisation, les dernières initiatives du ministre du Commerce, en accord avec les importateurs de riz et les producteurs, en vue de mettre un lien entre les tonnages de riz local acheté et les quotas de riz autorisé à l’importation, sont à saluer. Même si nous sommes dans un système libéral, le patriotisme économique devrait permettre de trouver, dans un cadre concerté, les convergences nécessaires à notre développement collectif.
En effet, et c’est une certitude, l’importation à grande échelle du produit le plus consommé au Sénégal pourrait, dans un contexte de raréfaction de la production mondiale, poser un problème de souveraineté nationale.
Consommer en priorité le riz que nous produisons présente un triple avantage :
1- Le riz local est de bien meilleur qualité et présente moins de risque pour le diabète que le riz importé ;
2- Consommer le riz local, c’est participer activement à résoudre le problème de la commercialisation du riz ;
3- Consommer le riz local réduit les importations et, du coup, l’impact de la facture du riz sur le déficit de notre balance commerciale.
Oui, nous pouvons et nous devons tout mettre en œuvre pour atteindre l’autosuffisance en riz en 2017. C’est possible et réalisable.
Au regard de l’intérêt que cela représente pour la population sénégalaise, c’est assurément là un objectif/programme qui mérite un consensus national. Lequel transcende tous les clivages partisans, dans un élan de patriotisme économique.
En effet, rendre disponible et en quantité suffisante une céréale dont se nourrissent près de 95 % de la population sénégalaise, sans dépendre des aléas et des contraintes de l’importation, est une question de sécurité nationale. Il s’agit, entre autres, d’assurer les fondements de notre indépendance alimentaire et, par-delà, notre dignité nationale.
Il est plus que temps, après tant d’années d’indépendance, de changer de paradigme. L’équation stratégique en la matière, ce n’est pas d’assurer une simple péréquation/stabilisation des prix à force de subvention. C’est utile, mais c’est un cycle sans fin qui finit, comme cela a été constaté, par être insupportable sur le plan budgétaire. Ce n’est pas non plus de disperser les ressources dans une diversification tout azimut dans des spéculations agricoles qui, même si elles produisent en abondance, ne nous mettent pas à l’abri d’une crise alimentaire. Il avait là un choix lucide et éclairé à faire, sans se tromper d’objectif : rendre le Sénégal autosuffisant en riz.
C’est en cela que l’engagement résolu du Président Macky Sall dans le combat pour l’autosuffisance en riz est un acte de responsabilité et de haute portée stratégique.
Le retour à l’agriculture prôné par les vénérés khalifes généraux Serigne Sidy Makhtar Mbacké et Serigne Cheikh Ahmet Tidiane Sy Al Makhtoum, respectivement lors du Magal et du Maouloud derniers, trouve son meilleur théâtre de matérialisation dans la détermination à assurer aux sénégalais une autosuffisance en riz.
Il est de notoriété mondiale que la nourriture est actuellement un enjeu stratégique pour tous les pays de notre planète. Un célèbre futurologue n’avait-il pas déjà annoncé, il y a plusieurs années, que les prochaines guerres seraient celles de l’eau et de la nourriture ?
De grands universitaires et économistes, comme Sophie Bessis dans son best-seller « L’arme alimentaire » ou Sammy George dans son ouvrage intitulé « Comment meurt l’autre moitié du monde » (des titres suffisamment évocateurs), ont démontré, dans de brillantes thèses, que l’autosuffisance alimentaire, stratégique en soit, devrait être au cœur des options de développement de tous les pays qui ne voudraient pas se retrouver un jour réduits au rang de dépendance servile pour nourrir leur peuple.
A cet égard, chacun a pu constater, ces dernières années, les tensions sociales occasionnées dans plusieurs pays par le renchérissement du prix de la farine résultant de la raréfaction des disponibilités des stocks mondiaux de blé.
Il faut considérer avec beaucoup de réalisme qu’en cas de pénurie de riz (des intempéries en sont souvent la cause), les fournisseurs traditionnels du Sénégal vont préférer réserver leur production à leur consommation intérieure. Dès lors, on imagine aisément les risques potentiels pour notre pays, qui est le deuxième plus gros importateur de riz derrière le Nigéria. Nos importations de riz proviennent surtout de l’Inde, de la Thaïlande, mais aussi du Brésil, de l’Uruguay et de l’Argentine. Avec une consommation annuelle de plus de 700 000 tonnes, le Sénégal ne produit qu’environ 25 % de ses besoins. Heureusement, les Sénégalais, dans leur grande majorité, ont compris que le Président Macky Sall a véritablement assumé sa responsabilité de chef d’Etat, fixé le cap et décliné une ambition légitime en annonçant un objectif réalisable d’autosuffisance en riz à l’horizon 2017.
Au regard de ce qui précède, le questionnement principal qui intéresse la majorité des Sénégalais est de savoir comment relever ce défi et réaliser cette ambition. Un grand chalenge, mais qui n’est pas inaccessible au géni sénégalais, à la compétence des cadres et des vaillants producteurs qui ont fait leurs preuves, depuis de nombreuses années, dans la recherche et la production du riz local.
Cet objectif est possible. Il est réalisable. Les producteurs de riz, par la voix de leur président national, Monsieur Saliou Sarr, l’ont affirmé avec force lors du conseil présidentiel sur le riz tenu le 02 février 2015. Nous allons y arriver si nous voulons y arriver. Et c’est le lieu de donner une résonance exceptionnelle à la boutade du Président Macky Sall qui, lors dudit conseil présidentiel sur le riz, a lancé : « Nous pouvons quand même réussir ce que d’autres comme nous ont réussi ! »
Du reste, un peuple dont les leaders ne savent pas se fixer de grandes ambitions est un peuple condamné à péricliter. Dans l’histoire du monde, les desseins de grandeur ont toujours rencontré les critiques les plus acerbes. Les exemples ne manquent pas. Le Japon dans l’électronique, l’Inde dans l’industrialisation, l’Argentine dans la production agricole… Avoir une ambition, c’est vouloir et vouloir avec force. Et comme dit l’adage, vouloir, c’est pouvoir.
Bien entendu, il faudra venir à bout de beaucoup de difficultés. Mais le Sénégal va y arriver, car jamais, depuis notre indépendance, il n’y a eu une telle conjonction favorable.
* Un président de la République déterminé, à l’écoute de tous les acteurs impliqués et à la pointe du combat (le 2 février 2015, lors du conseil présidentiel sur le riz, après avoir écouté les producteurs de riz et les importateurs, il a décidé, séance tenante, d’alléger la facture de courant des producteurs de riz et de mettre en place un fonds de cinq milliards de FCfa pour soutenir la commercialisation du riz local).
* Un potentiel de compétences qui ne permet pas le doute. Dr papa Abdoulaye Seck, ministre de l’Agriculture, est un des meilleurs spécialistes mondiaux du riz. Ses travaux et publications sont des références mondiales. Le directeur général de la Saed est un ingénieur agronome chevronné et pragmatique. Il a une volonté de réussite débordante et a fait toute sa carrière dans le domaine du riz.
* Des résultats de la recherche très probants avec, entre autres, l’introduction de la variété de riz « Nerica » rebaptisée « Macky Sall » par les Casamançais.
* Des organisations paysannes et de nombreux gros producteurs qui ont capitalisé une expérience incontestable. Des producteurs engagés et des distributeurs décidés à assumer le rôle attendus d’eux.
Nous pouvons produire en quantité et en qualité. En plus, et pour s’en convaincre définitivement, il faut s’inviter dans une visite de terrain et voir, par exemple, les exploitations de Monsieur Ibrahima Sall à Thiagar, à quelques km de Rosso Sénégal. A lui seul, il finance la production de riz dans plus de 7000 hectares et réalise des aménagements de qualité sur des milliers d’hectares. Avec ses deux usines de décorticage et de mise en sac du riz, avec le calibrage voulu, il est la preuve vivante que nous pouvons y arriver. Monsieur Sall génère ainsi de nombreux emplois et fait des émules comme Cheikh Diallo qui, à moins de deux km, a aussi installé une autre rizerie.
La problématique de l’autosuffisance en riz est certes complexe, mais partir de la complexité pour décréter l’impossibilité et inhiber les acteurs avec une culture d’impuissance est une approche manifestement contreproductive et indiscutablement négative. S’évertuer à affirmer que l’objectif d’autosuffisance en riz est irréalisable n’apporte rien aux Sénégalais qui veulent agir pour changer leur destin. Cependant, c’est connu, les véritables moteurs du monde ne sont pas ceux qui prédisent des échecs, mais ceux qui imaginent les choses telles qu’elles pourraient être, telles qu’on souhaiterait qu’elles soient et qui s’investissent pour qu’il en soit ainsi.
Le grand manager et économiste Charles Handy disait : « Se plaindre de la complexité des choses ne sert à rien. Pour y faire face, il nous faut d’abord mettre de l’ordre dans nos têtes. Autrement, nous continuerons à nous sentir impuissant et à subir les évènements sans avoir de prise sur eux ».
Nous vivons ainsi, comme le soutient le futurologue Stan Davis, dans « un présent déjà transformé ». Nous devons donc prendre en charge les rennes de cette transformation pour y imprimer les changements et orientations que nous avons choisis. Et c’est en cela que le Président Macky Sall a raison de décliner une ambition pour son pays, car le train de l’histoire ne s’arrêtera pas et laissera à quai ceux qui ne savent pas où ils veulent aller.
L’autosuffisance en riz à l’horizon 2017 est possible et doit être un objectif pour tous. C’est une question qui transcende tous les clivages, qu’ils soient politiques ou autres. D’autres pays l’ont réalisée. La Gambie, le Mali, la Côte d’Ivoire veulent tous atteindre l’autosuffisance en riz avant 2018. Plus dépendant du riz que tous ces pays, nous devons être plus déterminés qu’eux.
Le défi est toutefois de taille, mais il est à notre porté si nous sommes suffisamment modestes pour accepter d’apprendre des autres et développer des attitudes nouvelles. Oui, c’est possible si nous sommes bien entreprenants et déterminés pour porter résolument toutes les valeurs de progrès et si nous sommes mus par la volonté de réussir.
Des dispositions pertinentes ont été prises lors du conseil présidentiel du 02 février 2015. Les responsables de tous les segments de la filière (production, transformation et commercialisation) se sont engagés, et ce, résolument. L'engagement non équivoque de tous à relever les défis de la compétitivité est un gage augurant d’un avenir prometteur.
Nous le savons tous, le chemin pour y parvenir devra être suffisamment et clairement balisé avec des actes concrets pour mettre en cohérence toute la chaine de valeur de la filière riz. Il s’agira notamment de la disponibilité des surfaces emblavées, de la qualité des aménagements, de la maitrise et de la disponibilité de l’eau, de la mécanisation à grande échelle, de l’accès aux crédits et de la disponibilité des intrants, de la modernisation du segment transformation et enfin, d’une organisation efficace et maitrisé de la commercialisation.
Dans ce domaine précis de la commercialisation, les dernières initiatives du ministre du Commerce, en accord avec les importateurs de riz et les producteurs, en vue de mettre un lien entre les tonnages de riz local acheté et les quotas de riz autorisé à l’importation, sont à saluer. Même si nous sommes dans un système libéral, le patriotisme économique devrait permettre de trouver, dans un cadre concerté, les convergences nécessaires à notre développement collectif.
En effet, et c’est une certitude, l’importation à grande échelle du produit le plus consommé au Sénégal pourrait, dans un contexte de raréfaction de la production mondiale, poser un problème de souveraineté nationale.
Consommer en priorité le riz que nous produisons présente un triple avantage :
1- Le riz local est de bien meilleur qualité et présente moins de risque pour le diabète que le riz importé ;
2- Consommer le riz local, c’est participer activement à résoudre le problème de la commercialisation du riz ;
3- Consommer le riz local réduit les importations et, du coup, l’impact de la facture du riz sur le déficit de notre balance commerciale.
Oui, nous pouvons et nous devons tout mettre en œuvre pour atteindre l’autosuffisance en riz en 2017. C’est possible et réalisable.
Dagana
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