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AMADOU DIOP, PRESIDENT DES GUIDES TOURISTIQUES: « Quand les cochers et les antiquaires racontent le patrimoine … »

Le métier de guide touristique se pratique très mal à Saint-Louis. C’est un véritable capharnaüm où tout le monde et n’importe qui s’érigent en raconteurs de « bonne vérité » au risque de noircir la destination Saint-Louis. Les guides amis du patrimoine de Saint-Louis montent au créneau pour demander à la tutelle de faire règner l’orthodoxie dans le recrutement et la formation des professionnels du secteur. Par ailleurs, il est demandé à l’Etat de sevir contre les imposteurs qui ganrènent le métier. ZTS a rencontré Amadou DIOP, le Président des guides touristiques de Saint-Louis. Entretien.

Zones Touristiques du Sénégal : Quels sont les problèmes rencontrés par les guides touristiques à Saint-Louis du Sénégal ?
Amadou Diop : Saint-Louis est une ville historique. C’est un patrimoine qui ne doit pas ètre raconté à n’importe qui, n’importe comment si tant est qu’elle est classée patrimoine mondiale de l’UNESCO. Donc, il y a un discours à tenir. Aujourd’hui malheureusement, tout le monde est guide touristique : les cochers, les antiquaires, les badauds, … Cela pose problème parce que l’histoire de notre patrimoine est racontée n’importe comment et ça nous porte préjudice. Notre patrimoine doit être conservé et non dévoyé par des « charlatans ».  C’est notre combat de protéger ce patrimoine.  Mais c’est dommage que les autorités ne s’impliquent pas assez.  Pourtant le métier de guide touristique est régi par un décret présidentiel.

ZTS : Mais qui doit être guide touristique ?
AD : Un guide touristique doit détenir une carte professionnelle délivrée par le ministère du tourisme. Mais là cela pose problème parce qu’il y a des guides touristiques qui ont la carte mais qui ne connaissent même pas la date de création de la ville de Saint-Louis du Sénégal.  Nous nous posons des questions sur le comment est-ce qu’ils sont parvenus à obtenir ces cartes ? En tout ici à Saint-Louis, les tout premiers guides touristiques ont été recrutés sur concours et ont été formés : Nous avons fait deux ans de formation à travers des modules. Nous continuons d’ètre formés en ce moment. Ce qui n’est pas le cas des guides parachutés par la tutelle. Allez dans les parcs, vous y voyez des guides qui ne peuvent même pas reconnaitre les oiseaux.  Cela porte préjudice à notre métier. Il devrait avoir des sanctions contre ces fossoyeurs de la profession.  Nous continuons de sensibiliser les autorités mais le combat n’est pas encore gagné.

ZTS : Mais comment se fait-il que des gens qui n’ont pas le profil de l’emploi viennent y exercer ?
AD : En tout cas, nous ne savons pas pour le moment comment ces gens sont recrutés mais ils détiennent des cartes qui portent les références de la tutelle. Ce qui leur permet d’ètre sur le terrain au même titre que nous. Même si on recrute des gens, il faut leur faire une formation parce que sur le terrain, on est tous mis dans le même sac. Le guide est l’ambassadeur du pays dans le secteur touristique. Il est en contact avec le touriste du début à la fin de son séjour dans la ville. Nous devons ètre une vitrine propre et claire.  Pour y parvenir, on est allé jusqu’à créer une « association des guides amis du patrimoine ».  Nous faisons des sensibilisations à Saint-Louis, Dagana et Podor pour que les populations puissent s’approprier le patrimoine et le protéger pour les générations futures. Quand des cochers et antiquaires racontent le patrimoine, le préjudice pour la nation n’en est plus grand encore qu’avec des guides non formés. Le métier de guide touristique est un noble. On ne peut pas vendre une destination comme ça.

ZTS : Précisez ce que vous voulez dire…
AD :   Les faux guides touristiques sont très agressifs à leur contact avec les touristes. Regardez les à la descente du pont Faidherbe, dès que les touristes descendent de véhicule, ils les assiègent littéralement pour leur proposer des visites tous azimuts. Ils vont leur expliquer par la suite des choses qui sont aux antipodes de la réalité. Et pour peu qu’un touriste s’en rende compte, c’est la déception et bye bye ! Il faut revoir le recrutement et les dérives des guides touristiques. Les vrais guides sont bacheliers, licenciés ou même maitrisards et ont optés pour ce métier. Il faut les respecter. Il y va de la crédibilité du patrimoine de Saint-Louis. Autant l’Etat se bat actuellement pour préserver l’histoire architecturale dans le cadre du PSMV, il doit en ètre de même pour le patrimoine immatériel via certains discours de certains soi-disant guides. Certains touristes ont choisi aujourd’hui de revenir et rester définitivement à Saint-Louis pour y vivre à cause simplement du discours des vrais guides touristiques qui leur  ont fait une bonne visite du patrimoine.

ZTS : Comment contacter les vrais guides touristiques à Saint-Louis ?
AD : Il y a le syndicat d’initiative. Les hotels et autres agences de voyages ont aussi la liste des bons guides touristiques. Mais, même là, il y a un problème avec les guides détenteurs de cartes et non formés. Ce n’est pas facile pour le touriste qui débarque à Saint-Louis. Ils n’ont véritablement pas de chance devant ce méli-mélo inextricable. Les touristes sont régulièrement arnaqués et finissent par mettre une croix sur la destination Saint-Louis. 

ZTS : Quel peut être un autre goulot d’étranglement  à l’exercice du métier de guide ?
AD : La circulation routière est un autre grand problème pour le guide touristique qui emmène ses clients vers des excursions hors de la ville. Ici à Saint-Louis, il y a deux à trois agences de voyage. C’est peu. En période de rush, on est obligé de travailler avec des chauffeurs hors d’agence. Et c’est là que les tracasseries commencent parce que souvent, les chauffeurs sont embêtés par les gendarmes de la circulation pour défaut de pièce.  On est bloqué pendant une heure ou deux.  Les clients ne comprennent pas et bonjour les problèmes.
Propos recueillis par Gamby DIAGNE
Magazine ZONES TOURISTIQUES DU SENEGAL (ZTS)



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PATRIMOINE: Saint-Louis restera mondiale

La ville de Saint-Louis restera bel et bien dans le porte-feuille du patrimoine mondial de l'humanité, malgré les craintes qui prédisent son déclassement imminent. C'est l'avis du Directeur du patrimoine national. Le Centre du Patrimoine mondial et l'Unesco ont sorti la grosse artillerie pour conserver le patrimoine bâti de l'ancienne capitale de l'AOF. Suivons les explications de Abdoul Aziz Guissé, Directeur du patrimoine culturel national au micro de Gamby Diagne
Météo Saint-Louis,Sénégal
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PATRIMOINE DU CHEF DE L'ETAT: Macky parle enfin de ses « fortunes licites »

Macky Sall dévoile sa fortune. Après l’avoir promis aux Sénégalais lors de son accession au pouvoir le Chef de l’Etat s’est enfin résolu à faire sa déclaration de patrimoine qu’il a rendue publique. C’est le journal Libération qui publie in extenso la liste des biens acquis par Macky Sall depuis 1998 date de sa première acquisition : un terrain de 205m² auprès de la Scat Urbam.
En portant à la connaissance des Sénégalais l’ensemble de ses biens depuis qu’il était dans l’opposition avec le Pds à son accession à la magistrature suprême en passant par ses responsabilités ministérielles, le Chef de l’Etat clôt le débat sur sa prétendue fortune colossale que lui prête ses adversaires politiques.

Voici, in extenso, la déclaration de patrimoine du président Macky Sall, faite le 20 avril 2012.
«Aux termes de l’élection au suffrage universel direct, j’ai été élu Président de la République du Sénégal. A ce titre j’ai décidé en conformité avec les dispositions de l’article 37 de la Constitution de la république du Sénégal et dans le cadre de l’application des principes de l’éthique et de la charte de bonne gouvernance dans laquelle le Sénégal s’est inscrit, de faire une déclaration de mon patrimoine.
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VISITE MACRON: 1 milliard Fcfa pour rénover la cathédrale de Saint-Louis

Emmanuel Macron visite les travaux de la cathédrale
L’image est symbolique. Les président Sall et Macron en compagnie du PDG d’EIFFAGE Gérard Sénac écoutant attentivement les explications de Mme Ndeye Oumou Niang ingénieur études au niveau du GROUPE EIFFAGE. Dans ses explications, elle rappelle que, « ce  projet tient à cœur le GROUPE qui a pris l’engagement de réhabiliter le patrimoine sénégalais et le transmettre aux générations futures ». 

Ainsi, pour cet édifice datant du 18 éme siècle, pour le travail il sera question de  rigidifier le bâtiment pour une meilleure répartition des charges, régler les topos d’humidité et lutter contre les remontées capillaires qui humidifient les murs. Et enfin pour la troisième phase souligne l’ingénieur, « on va s’attaquer aux problèmes d’étanchéité, au niveau de la dalla haute, avant de finir par la réhabilitation de l’intérieur ». Pour ce volet rappelle Mme Niang, les  vitraux vont être réfectionnés en remplaçant les supports corrodés, le réseau électrique sera remis aux normes, la cloche qui ne fonctionne pas réparée, et finir par la sonorisation, la menuiserie, les portes entre autres. Pour l’extérieur, les travaux consisterons à enlever les enduits, pour laisser respirer le bâtiment, et faire redescendre le taux d’humidité - 4%, avant de refaire un enduit qui va résister au sulfate et à l’air marin, très présent à Saint-Louis a fait noter le chef des travaux.

L’objectif de cet engagement d’Eiffage est de permettre qu’après ces travaux que la bâtisse soit telle quel, belle et résistante pour des années. En plus, à travers cet engagement, cette entreprise s’inscrit davantage dans un processus de préservation du patrimoine bâti du Sénégal. Dans un autre côté, Abdou Aziz Guissé directeur du patrimoine culturel ministère de la culture  est revenu sur la symbolique de cette réhabilitation. Pour lui, Saint-Louis site du patrimoine mondial, et aujourd’hui un programme hardie est mise en place pour la réhabilitation de nos lieux de mémoires. 

L’objectif est de donner une seconde vie à ces bâtiments, qui ont participé à tracer l’histoire de cette capitale. Cette cathédrale rappelle-t-il, est la plus vieille de l’Afrique de l’Ouest, et fait partie d’un dispositif avec la Place d’arme, la Gouvernance, les deux Rognat, la Place Faidherbe et « il manquait le spirituel avec cette Cathédrale mère fondatrice des sœurs de Saint-Cluny avec Anne Marie Javouhey qui avait intercédé auprès du Baron Roger  et le 11 février 1827 les travaux ont été lancé.  


Météo Saint-Louis,Sénégal
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TRAITE NEGRIERE - SAINT-LOUIS FUT AUSSI PLAQUE TOURNANTE: « Des esclaves y ont hérité les biens de leur maître »

Aujourd’hui, nombreux sont les Saint-Louisiens qui ignorent encore que leur ville était une plaque tournante de l’esclavage. Pourtant ils doivent savoir qu’ici, les esclaves pouvaient hériter de leur maitre ses biens. Une situation suffisamment éloquente sur les relations qu’ils entretenaient à cette époque. Certains ont préféré se donner la mort lorsque le sort décidât qu’ils devaient quitter leur maitre. ZTS a fait un tour du coté de l’ancienne esclaverie pour s’y recueillir.  

A Saint-Louis, Chaque bâtiment est une histoire. Et ce ne sont pas les guides touristiques qui diront le contraire. En dehors d’avoir été capitale  de l’AOF, du Sénégal ou encore de la Mauritanie, Saint-Louis du Sénégal a incarné la capitale de la Téranga. Selon Amadou DIOP, Président des guides touristiques de Saint-Louis, le
patrimoine doit être protégé. Pourtant, il y a un site que les autorités ignorent royalement dans la stratégie de conservation du patrimoine mondial : l’ancienne esclaverie. Le bâtiment se trouve exactement en face de l’actuel hôtel de la Tour de l’ile, au quartier Nord. Il est aujourd’hui l’ombre de lui-même. Les instruments qui y servaient à la pratique de l’esclavage sont tous enlevés on ne sait par qui, sous prétexte que c’est une période honteuse de l’histoire de la ville. Alors pourquoi y avoir laissé les statues de ceux qui en étaient les maitres d’œuvre, les
colons négriers ? Pourquoi alors tarder à enlever leurs noms des rues de la ville.
Nous nous sommes rendus dans le site pour essayer d’y trouver des vestiges de cette histoire sombre de la ville. Même durant cette période, Saint-Louis a incarné la Téranga pour les captifs. Amadou DIOP nous précise que la première esclaverie date des années 1820 : « Elle avait des cachots à l’intérieur.  La pratique de ce commerce vient du fort de Saint-Joseph de Bakel.  Sur les 209 concessions recensées à l’époque à Saint-Louis, il n’y avait que 27 qui n’avaient pas d’esclave. Mais c’était l’esclavage domestique. On les gardait
dans l’esclaverie pendant quatre à cinq jours avant d’être vendus dans les maisons. On les appelait les  « captifs de case ». Les plus robustes étaient acheminés sur Gorée.  De là-bas, une seconde sélection se faisait.  Les moins aptes à faire le voyage par mer étaient retournés à Saint-Louis ». Ils étaient considérés comme des chanceux. Ici à Saint-Louis, les esclaves étaient bien traités : « les maitres attachaient beaucoup d’importance à leurs esclaves.  Certains dont le sort voulait déplacer hors de Saint-Louis se donnaient la mort. Il y a eu durant cette période des esclaves qui ont hérité les biens de leur maitre ».  Aujourd’hui le fait d’avoir enlevé les anneaux et les chaines qui ont servi durant ces transferts portent préjudice à la conservation du patrimoine de l’humanité.

                                                       Gamby DIAGNE

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TOURISME: des vestiges à sauvegarder

Aujourd’hui, nombreux sont les Saint-Louisiens qui ignorent encore que leur ville était une plaque tournante de l’esclavage. Pourtant ils doivent savoir qu’ici, les esclaves pouvaient hériter de leur maître ses biens. Une situation suffisamment éloquente sur les relations qu’ils entretenaient à cette époque. Certains ont préféré se donner la mort lorsque le sort décidât qu’ils devaient quitter leur maître.  

A Saint-Louis, Chaque bâtiment est une histoire. Et ce ne sont pas les guides touristiques qui diront le contraire. En dehors d’avoir été capitale  de l’AOF, du Sénégal ou encore de la Mauritanie, Saint-Louis du Sénégal a incarné la capitale de la Téranga. Selon Amadou DIOP, Président des guides touristiques de Saint-Louis, le
patrimoine doit être protégé. Pourtant, il y a un site que les autorités ignorent royalement dans la stratégie de conservation du patrimoine mondial : l’ancienne esclaverie. Le bâtiment se trouve exactement en face de l’actuel hôtel de la Tour de l’ile, au quartier Nord. Il est aujourd’hui l’ombre de lui-même. Les instruments qui y servaient à la pratique de l’esclavage sont tous enlevés on ne sait par qui, sous prétexte que c’est une période honteuse de l’histoire de la ville. Alors pourquoi y avoir laissé les statues de ceux qui en étaient les maîtres d’œuvre, les
colons négriers ? Pourquoi alors tarder à enlever leurs noms des rues de la ville?
Nous nous sommes rendus dans le site pour essayer d’y trouver des vestiges de cette histoire sombre de la ville. Même durant cette période, Saint-Louis fut majestueuse et a incarné la Téranga pour les captifs. Amadou DIOP nous précise que la première esclaverie date des années 1820 : « Elle avait des cachots à l’intérieur.  La pratique de ce commerce vient du fort de Saint-Joseph de Bakel.  Sur les 209 concessions recensées à l’époque à Saint-Louis, il n’y avait que 27 qui n’avaient pas d’esclave. Mais c’était l’esclavage domestique. On les gardait
dans l’esclaverie pendant quatre à cinq jours avant d’être vendus dans les maisons. On les appelait les  « captifs de case ». Les plus robustes étaient acheminés sur Gorée.  De là-bas, une seconde sélection se faisait.  Les moins aptes à faire le voyage par mer étaient retournés à Saint-Louis ». Ils étaient considérés comme des chanceux. Ici à Saint-Louis, les esclaves étaient bien traités : « les maîtres attachaient beaucoup d’importance à leurs esclaves.  Certains dont le sort voulait déplacer hors de Saint-Louis se donnaient la mort. Il y a eu durant cette période des esclaves qui ont hérité les biens de leur maître ».  Aujourd’hui le fait d’avoir enlevé les anneaux et les chaines qui ont servi durant ces transferts portent préjudice à la conservation du patrimoine de l’humanité.

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SAINT-LOUIS : « Domou Ndar », un statut en perdition

L’île de Saint Louis et ses bâtis coloniaux, ses monuments classés patrimoine mondial, ses rues larges résistant encore au désordre de l’homosénégalensis, ses maisons typiques noyées sous les bougainvillées, son magnifique crépuscule (Takkusanu Ndar) où le soleil mourant dessine un tableau d’une beauté inédite, ses belles femmes alliant élégance et coquetterie, son Fanal, son mythique bateau (le Bou El Mogdad), sa troupe théâtrale légendaire (Bara Yeggo)… offrent à cette ville tricentenaire un charme incomparable et un secret irréductible. Mais Saint-Louis, ce n’est pas que ce patrimoine matériel et immatériel, c’est aussi des valeurs et une manière de vivre que revendiquent ses fils appelés « Domou Ndar ». 
  
Ce concept renvoie au raffinement, à l’élégance, au sens de l’hospitalité et au parler si particulier des originaires de cette ville. Le signe distinctif touche même l’art culinaire à travers le « thiebou dieune », le plat national dont on dit que ce fut Penda Mbaye, originaire de Guet Ndar, qui l’eût mitonné comme jamais et donné ses plus belles lettres de…goût. « Le « Domou Ndar » a ses caractéristiques et sa spécificité. Nous sommes des gens extrêmement civilisés par le parler, le savoir, l’éducation, le port vestimentaire », clame haut et fort Alioune Badara Diagne Golbert, sans doute un des Saint-Louisiens les plus connus de l’histoire. 
  
L’origine de ces traits distinctifs du Saint-Louisien est à chercher justement dans l’histoire de cette ville qui fut, durant des années, l’épicentre de la colonisation française en Afrique de l’ouest. En effet, tout porte à croire que le fait d’avoir côtoyé la France pendant presque trois siècle a forcément influencé le style de vie des Saint-Louisiens. Ce que semble confirmer Golbert Diagne lorsqu’il avance que le « Domou Ndar » est l’héritier de la tradition, de la culture, de la formation et du développement de manière générale du Sénégal et de l’Afrique occidentale française. 
  
Elégance et hospitalité 
  
Notre ville a été érigée en commune de plein exercice en 1659. Les premiers comptoirs français y ont été implantés. Elle abrite également la première église ainsi que la première grande mosquée du continent. Les premiers cadres formés par la colonisation française sont issus de cette ville. Ils ont été les premiers fonctionnaires occupant les plus hautes fonctions. Les Français ont été obligés de les affecter ailleurs pour gérer l’administration et même former d’autres Africains. Nous avons tiré de cette expérience un style de vie à la française que nous gardons quand même jalousement », explique le journaliste-comédien. 
  
Ahmadou Cissé abonde dans le même sens. Selon le Directeur du Tourisme, de la culture et du patrimoine de la commune de Saint-Louis, il y a sans doute une dose d’influence française chez le « Domou Ndar ». « Même dans le Wolof qu’on parle, il y a une différence, une prononciation bien saint-louisienne, cette nonchalance chez nos femmes. Il y a aussi ce côté érudition. Le « Domou Ndar » apprend le Coran et le français. Autant il peut être avocat, autant il peut être Imam. Cela, nous le devons au fait que la ville fut un foyer ardent et d’écoles coraniques et d’école françaises », dit-il. 
  
Papa Samba Sow dit Zumba, artiste éclectique saint-louisien va plus loin encore. Moins qu’un fruit de l’assimilation de la culture française, le « Domou Ndar », pense-t-il, est celui qui est né dans cette ville et s’est approprié toutes ses réalités socioculturelles et cosmogoniques. « Si l’on est un « Domou Ndar », on connaît et vit le mythe de Mame Coumba Bang, on aime le jeu du faux lion, le Tannbéer, le Fanal, le Takussanu Ndar etc. Bref, le « Domou Ndar » doit avoir l’histoire de Saint-Louis en lui, c’est celui qui cherche à se greffer à toutes les réalités culturelles et cultuelles de Saint-Louis et lui-même se sent accepté par Saint-Louis », justifie-t-il. Aux temps où Saint-Louis était la capitale de l’Afrique occidentale française, tout le monde tenait à avoir des racines, aussi infimes soient-elles avec cette ville, souligne Zumba. Ce qui témoigne de l’aura que pouvait conférer le statut de « Domou Ndar ». 
  
Si le « Domu Ndar » est fondamentalement « un Saint-Louisien de naissance, d’éducation et de culture et se distingue par son amour viscéral pour Saint-Louis, son éducation chrétienne ou islamique, sa politesse, son élégance dans le verbe et dans l’habillement», il n’en demeure pas moins que l’écrivain Moumar Guèye, pense que cette notion peut être également étendue aux Saint-Louisiens d’adoption. Une manière pour le Colonel des Eaux et Forêts à la retraite de prendre le contrepied de ceux qui ont tendance à faire la différence entre « Domou Ndar », « Doli Ndar », « Ndar Ndar ». « Je me suis toujours opposé à cette tentative de catégoriser et de diviser les Saint-louisiens. 

Ainsi, certaines personnes distribuent des titres de « grand Saint-Louisien », de « non Saint-Louisien », de « vrai ou faux Saint-Louisien », de « Saint-Louisien naturel » et j’en passe. Voilà donc qu’en agissant ainsi, ces distributeurs de titres de noblesse ou de bassesse, oublient que Saint-Louis du Sénégal est une ville de métissage à tout point de vue », argue-t-il. En effet, selon l’écrivain, il est établi que tous les habitants de cette ville ne constituent pas une population spontanée. Leurs ancêtres viennent, pour la plupart, de France, de Mauritanie, du Mali, du Maroc, du Liban, du Cap-Vert, du Waalo, du Fouta, du Gandiole, du Ndiambour, voire du Cayor et du Baol. 
  
Alors le fait de revendiquer le statut de « Domou Ndar » n’incline-t-il pas vers le chauvinisme et la condescendance vis-à-vis des autres ? « Je continue à croire que cela participe à développer un esprit condescendant chez le Saint-Louisien », admet Ahmadou Cissé. D’ailleurs, si l’on en croit Pruneau de Pommegorge dans son ouvrage « Description de la Nigritie » paru en 1789 et cité par Abdoul Hadir Aidara, ancien Directeur du Centre de recherche documentaire du Sénégal (Crds) dans son livre « Saint-Louis du Sénégal d’hier à aujourd’hui », ce sentiment de supériorité était déjà perceptible à l’époque. 

« Les premiers habitants du Sud de l’île furent les émigrés du Cayor et cette ancienneté leur faisait regarder les autres d’un air supérieur », écrit-il. Ce caractère snob perdure encore, reconnaît M. Cissé, chez certains Saint-Louisiens de souche notamment chez les personnes âgées. Zumba fait chorus et souligne que certains nostalgiques vivent encore dans l’univers du « Domou Ndar ». « Le Saint-Louisien est par essence snob. Par son comportement, il semble dédaigner les autres, il fait l’intéressant alors que les besoins sont ailleurs. Le Saint-Louisien commence maintenant à comprendre cette nouvelle donne. Auparavant, il ne bougeait pas, il ne quittait pas son cocon. Aujourd’hui, c’est tout le contraire », soutient-il. 
  
« Dolli Ndar » 

D’ailleurs, à propos du Saint-Louisien trop imbu de lui-même, Zumba aime raconter cette anecdote : « Le président Senghor, lors d’un de ses derniers discours à Saint-Louis, avait accusé les Saint-Louisiens d’être trop snobs, d’être des gens qui aimaient trop parler de leur histoire, des gens qui, par leur comportement, semblaient dédaigner les autres. Il disait qu’il n’y avait pas plus Saint-Louisien que celui qui avait investi ou réalisé quelque chose pour cette ville ». Ces « Dolli Ndar » qui, auparavant, étaient regardés d’un œil comminatoire, figurent aujourd’hui parmi les plus dignes fils de cette ville au regard de ce qu’ils lui ont apporté. 

Cela, le Saint-Louisien pure souche qu’est Golbert le reconnaît volontiers. « Aujourd’hui, plus qu’hier, dans ma lecture, je me dis qu’ils sont en train de donner un signal très fort, un enseignement important, à ceux qui se réclament ‘’Domou Ndar’’. Ils sont devenus de grands hommes. Ils sont venus à Saint-Louis, ils ont accepté les métiers que les originaires de Saint-Louis ne voulaient pas faire. Par conséquent, ils sont devenus de grands messieurs de l’économie saint-louisienne. Seul le travail paie », soutient-il. Comme quoi, qu’ils soient « Domou Ndar », « Dolli Ndar », ou « Ndar Ndar », le plus important, c’est ce que chaque fils de cette ville lui apporte pour son rayonnement. Tout le reste n’est que nostalgie d’une époque révolue. 
  
Par El Hadj Ibrahima THIAM, 
Ibrahima BA (textes) et 
Sarakh DIOP (photos)
 
 LE SOLEIL 

Météo Saint-Louis,Sénégal
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ESCLAVAGE: Les vestiges à sauvegarder de Saint-Louis

Aujourd’hui, nombreux sont les Saint-Louisiens qui ignorent encore que leur ville était une plaque tournante de l’esclavage. Pourtant ils doivent savoir qu’ici, les esclaves pouvaient hériter de leur maître ses biens. Une situation suffisamment éloquente sur les relations qu’ils entretenaient à cette époque. Certains ont préféré se donner la mort lorsque le sort décidât qu’ils devaient quitter leur maître.  

A Saint-Louis, Chaque bâtiment est une histoire. Et ce ne sont pas les guides touristiques qui diront le contraire. En dehors d’avoir été capitale  de l’AOF, du Sénégal ou encore de la Mauritanie, Saint-Louis du Sénégal a incarné la capitale de la Téranga. Selon Amadou DIOP, Président des guides touristiques de Saint-Louis, le
patrimoine doit être protégé. Pourtant, il y a un site que les autorités ignorent royalement dans la stratégie de conservation du patrimoine mondial : l’ancienne esclaverie. Le bâtiment se trouve exactement en face de l’actuel hôtel de la Tour de l’ile, au quartier Nord. Il est aujourd’hui l’ombre de lui-même. Les instruments qui y servaient à la pratique de l’esclavage sont tous enlevés on ne sait par qui, sous prétexte que c’est une période honteuse de l’histoire de la ville. Alors pourquoi y avoir laissé les statues de ceux qui en étaient les maîtres d’œuvre, les
colons négriers ? Pourquoi alors tarder à enlever leurs noms des rues de la ville.
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dans l’esclaverie pendant quatre à cinq jours avant d’être vendus dans les maisons. On les appelait les  « captifs de case ». Les plus robustes étaient acheminés sur Gorée.  De là-bas, une seconde sélection se faisait.  Les moins aptes à faire le voyage par mer étaient retournés à Saint-Louis ». Ils étaient considérés comme des chanceux. Ici à Saint-Louis, les esclaves étaient bien traités : « les maîtres attachaient beaucoup d’importance à leurs esclaves.  Certains dont le sort voulait déplacer hors de Saint-Louis se donnaient la mort. Il y a eu durant cette période des esclaves qui ont hérité les biens de leur maître ».  Aujourd’hui le fait d’avoir enlevé les anneaux et les chaines qui ont servi durant ces transferts portent préjudice à la conservation du patrimoine de l’humanité.

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MENACES DE MORT CONTRE GOLBERT DIAGNE: Des Saint-Louisiens se mobilisent pour faire face

Depuis hier après-midi, des saint-louisiens se mobilisent pour faire face aux menaces de mort dont est victime Alioune Badara Diagne Golbert. Et ils ont clairement ciblé les marchands ambulants qui en
sont les principaux auteurs. Ils saluent d'ailleurs le fait que Golbert Diagne a déjà passé à l'action mais disent-ils:"ce n'est rien comparé à ce qui va arriver aux commerçants ambulants s'ils "touchent à un seul cheveu de Golbert". Ces irreductibles défenseurs du patrimoine de Saint-Louis considèrent Golbert Diagne comme "un patrimoine à part entière de la ville de Saint-Louis du Sénégal". Par conséquent, ils se réservent le droit de s'ériger en rempart inamovible contre ceux qu'ils appellent des "cancers du poumon de la ville". Ils considèrent que les marchands ambulants n'ont d'aucune utilité économique si tant est qu'ils défigurent l'image de marque de la ville tricentenaire en squattant les rues pour vendre des produits "made in China" en laissant de coté les produits artisanaux locaux. Ligués sous le label de "Golbert: toucher-couler", ces saint-louisiens comptent passer en action dès que Golbert aura fini de déposer sa plainte auprès des autorités policières.

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La cathédrale de Saint-Louis rénovée par l'Etat du Sénégal


ImageLe vote du budget a permis de faire l’inventaire de ces secteurs culturels
où il est primordial d’intervenir : réhabiliter certainsédifices en péril et en rentabiliser d’autres. Faire en sorte que les artistesne puissent plus vivre et mourir dans le dénuement le plus total etc. La question du patrimoine a quand même pris de la place lors du vote du budget, à l’Assemblée nationale, du ministère de la Culture et de la Communication. Avec notamment la crainte, pour certains élus, de voir une ville comme Saint-Louis dépossédée de son statut de « patrimoine mondial de l’Unesco ».  Mbagnick Ndiaye en est conscient, puisqu’il dit qu’il y a des clauses à respecter pour pouvoir continuer à mériter une telle faveur, et que c’est justement pour cette raison que l’Agence française de développement, avec l’Etat du Sénégal, va aider à la réhabilitation de certains sites. Par exemple, la Cathédrale de Saint-Louis ou les Archives.




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Météo Saint-Louis,Sénégal
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